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Bien que je porte l'uniforme,
 je n'étais pas fait pour cette vie
L'homme de l'an passé
L. Cohen / adapt. G. Allwright

 

 

 

 

En médecine holistique, la biologie est outil, mais ne se définit pas depuis le "sujet"; l'environnement et le sujet ne sont pas discontinus, mais partagent un même espace intermédiaire, champ par exemple de la "pathologie auto-immune" de la médecine "interne". L'inflammation, la douleur et la réponse immunitaire correspondent à autant de niveaux distincts mais connectés d'abord du sujet. La vie, processus anti-entropique, s'applique aux feuillets physiques (ceux-là même qui sont en relation de pleine continuité avec l'"environnement" classique ou "Nature", comme à ceux de la génération, ou ceux de la "métacognition", de l'empathie, de la pensée.

 

 

 

 

La pathogénèse des maladies neuro-dégénératives et des démences aborde la formation de dépôts extraneuronaux de protéines anormales, et d'inclusions intracellulaires de protéines dégradées,  véritables "cristaux organiques", qui présentent un lien de continuité entre notre "interne" et l'environnement, et sont processus vers l'inorganique (comme lors du vieillissement la minéralisation progressive de nos systèmes hématopoïétique, vasculaire, locomoteur, etc...). Ces cristallisations, ces "stress granules" en développement de notre strate minérale, sont autant de blocages du flux de l'individu dans le temps, comme si le sujet gardait constante son énergie au monde dans un déplacement d'équilibre matière/temps familier aux théoriciens de la relativité: le vieillissement n'est pas perte d'énergie mais investissement de celle ci dans plus de réel, au prix de la perte de certaines dimensions du temps.

 

 

 

L'expression de notre génome est modulable par un ensemble combinatoire de molécules régulatrices (ARN non-codants en particulier, protéines régulatrices, etc...) dont le réseau forme un système complexe sensible à l'action de l'environnement. Ce type de régulation est impliqué dans le développement du système nerveux, dans les mécanismes de la mémoire au niveau du cerveau adulte, comme dans les processus de vieillissement. Ce mode de régulation par de multiples molécules, au sein d'un réseau neuronal lui-même plastique, nous fait passer du modèle de régulation linéaire ("un gène/une protéine; modèles de bio feed-backs, etc...) de la médecine allopathique classique à la notion de système complexe et métastable, dans lequel les événements surviennent en cascades non linéaires, et à la notion de sauts exploratoires entres modes de fonctionnement, plutôt qu'à des écarts et tentatives de retour  univoque à une norme. Ces sauts sont autant d'"anomalies temporelles" du déroulement du programme génétique, dans lesquelles s'invite encore l'environnement. Le temps de l'individu, comme celui de la génération, sont ainsi plastiques dans l'environnement.

 

 

 

Dans cette tension - ou cette dynamique - constante entre matérialité et temps, l'homéostasie du sujet peut évoluer soit vers une stratégie d'"accumulation", soit vers une stratégie de "consomption". Dans le cadre de l'espèce, notre renouvellement physique est continu au sein d'une forme; mais la plasticité du sujet échappe à cette contrainte-là de la forme, et la pathologie du sujet doit être considérée comme exploration ou déplacement dans un gradient potentiel d'environnement. Peut-être s'agit-il là d'un programme d'essais/erreurs à perspective évolutive, mais cette exploration d'une dynamique par le sujet lui-même ne peut en aucun cas être assimilée à une volonté imposée par un autre de le faire sortir de l'espèce... (tentation des camps comme des maisons de retraite); ce programme là du vieillissement n'est pas non plus réductible à une quelconque ingéniérie de manipulation génétique, ni à aucune tentative technologique d'un post-humain normatif; cette dynamique-là du sujet n'autorise aucun regard porté à la ségrégation.

 

 

 

Dans cet de équilibre (au sein de l'espèce) et cette métastabilité (dans le temps du sujet) entre la forme et l'environnement, tout excès réactif d'un côté comme de l'autre conduit à la déformation; la stabilité de la forme ne peut être qu'un processus, qui est poussé à l'extrême dans les maladies par dépôts (neurologiques, articulaires, etc...), avec leur processus de sédimentation du temps de la mémoire dans les démences par exemple, au profit de la libération d'un autre équivalent-temps de l'individu, ce "temps inoxydable" de l'affect par exemple.

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