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caduc-e.jpgMon parcours professionnel m'a amené à travailler essentiellement auprès de populations vulnérables, patients atteints de maladies chroniques graves, migrants, personnes victimes de sévices. Après avoir complété mes études médicales d'une spécialité en biologie médicale et d'une formation en épidémiologie et, j'ai d'abord travaillé durant six années comme médecin coopérant au Burkina Faso, en Afrique de l'Ouest, où je me suis consacré essentiellement à la lutte contre l'épidémie par le VIH, qui touchait, en 1991, 5% des adultes jeunes. Mon travail s'est articulé sur deux axes: mettre en place des méthodes de diagnostic alternatives et peu coûteuses, adaptées aux réalités du terrain; former les collègues médecins, infirmiers, et techniciens de santé des structures périphériques à la prise en charge de la maladie, au travers du travail en commun, mais aussi par l'organisation de séminaires de formation. Ces activités de terrain se complétaient d'une fonction d'appui auprès du ministère de la santé du pays, ce qui m'a permis de contribuer en particulier à l'élaboration du premier programme national de lutte contre le Sida du Burkina Faso. Par ailleurs, durant cette période, j'ai également participé à la mise en place, dans le cadre du programme élargi de vaccination chez l'enfant, d'une équipe biomédicale de surveillance de la poliomyélite, de la rougeole et de la fièvre jaune, destinée à faciliter la réponse vaccinale en cas d'épidémie. Pour ces différentes missions, j'avais sollicité des collaborations avec des équipes de l'Institut Pasteur de Paris, et l'une d'elles m'a proposé, à mon retour en France, d'effectuer un travail de recherche sur les mécanismes de la restauration immunologique, mais aussi sur les effets secondaires des trithérapies de l'infection par le VIH, ces nouveaux protocoles devenus récemment disponibles et qui changeaient radicalement le pronostic de l'infection. J'avais en dehors de mon travail de laboratoire à assurer la coordination du suivi des patients de l'étude entre plusieurs services de maladies infectieuses en Île de France, à effectuer la synthèse des résultats cliniques et de laboratoire, et cette période m'a permis de me familiariser avec la publication scientifique.



En parallèle, depuis 1999, j'intervenais au sein de l'Office des Migrations Internationales,migration.JPG agence de l'Etat chargée de l'accueil des primo-migrants et des demandeurs d'asile. La visite médicale obligatoire avait trois objectifs principaux: le dépistage de la tuberculose dans ces populations à risque, en collaboration avec les Centres de Lutte Anti-Tuberculeuse (gérés, jusqu'en 2004, par le département); une sensibilisation au dépistage de l'infection par le VIH, ce qui m'amenait à travailler avec les associations de personnes vivant avec le VIH; et le dépistage et la prévention des maladies chroniques, diabète, maladies cardio-vasculaires, troubles nutritionnels, très fréquents dans ces populations précarisées par l'exil. En 2006, j'ai été nommé médecin coordonnateur du dispositif sanitaire de l'asile pour la région sud-est, basé à Marseille. J'étais chargé, dans l'ensemble des CADA (Centres d'Accueil pour Demandeurs d'Asile), en collaboration avec les travailleurs sociaux et les gestionnaires associatifs de ces centres, de veiller à l'environnement de vie des familles hébergées, de faciliter leur intégration dans le réseau de soins, en collaboration avec les médecins libéraux, et d'identifier les pathologies les plus préoccupantes. Très vite, il est apparu que la prise en charge des troubles de santé mentale, et la prévention de leur décompensation, étaient une priorité dans ces populations qui avaient très souvent été victimes de sévices dans leurs pays d'origine, qui étaient sous le stress de l'attente d'une décision administrative, et qui étaient souvent hébergées dans des cmu.JPGstructures inadaptées pour des familles. Les équipes encadrant les centres étaient d'ailleurs fortement en demande d'une aide dans ce domaine, mais, en 2007, l'Office des Migrations passait sous tutelle du Ministère de l'Immigration, et la régulation des flux prenait le pas sur le souci sanitaire, ce qui m'a amené à quitter mes fonction pour travailler plus efficacement au sein d'une association de prise en charge médico-psychologique de victimes de traumatisme, et acquérir une formation complémentaire dans ce domaine, sous forme d'un mastère en psychologie. C'est à la suite de cette période de sensibilisation à la prise en charge du traumatisme physique et psychologique que j'ai souhaité exercer au sein d'une MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées). 



Par rapport à la loi de 1975, qui créait pour la première fois une obligation de solidarité à l'égard des personnes handicapées, l'esprit de la loi de 2005 pour « l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté », est de partir du projet de vie de la personne dans son environnement spécifique, plutôt que de son handicap, et d'établir avec elle un Plan Personnalisé de Compensation qui garantit son droit à l'autonomie. Mes missions, dans le pôle médico-social adulte de la MDPH, sont d'évaluer les déficiences et les incapacités des personnes handicapées, de discuter les différentes prestations nécessaires, garantie de ressources financières au travers de l'Allocation Adulte Handicapé, compensation sociale pour favoriser le maintien ou le retour dans l'emploi (RQTH, réorientation professionnelle), prestations en nature de la PCH pour faciliter le maintien à domicile (tierce personne pour l'aide aux actes essentiels, aides techniques, aménagements du logement, du véhicule, etc...). L'évaluation se fait sous forme de consultations médicales, de travail sur dossier avec l'équipe pluridisciplinaire (EP) composée de travailleurs sociaux, d'infirmières, d'un ergothérapeute, de psychiatres. J'ai aussi dans cette évaluation un rôle d'interface avec les médecinshandicap.JPG traitants, les praticiens hospitaliers, les travailleurs médico-sociaux des CCAS ou ceux des « suivis santé » du RSA. J'ai ensuite à présenter les propositions de l'EP à la CDA, Commission des Droits et de l'Autonomie, organe décisionnel de la MDPH composé en particulier de représentants d'associations de personnes handicapées. Devant les tensions liées à la montée en puissance budgétaire des prestations d'aide humaine, il y a là un dialogue entre l'EP, la CDA et le représentant du service payeur du Conseil Général (CG), et il s'agit de proposer à la personne handicapée la meilleure synergie possible entre les différentes aides à la personne, auxiliaires de vie, soins infirmiers libéraux, aides ménagères, SAVS, etc... Par ailleurs, j'interviens également pour mettre en place les procédure d'urgences médicales prévues par la loi (pour l'attribution de l'AAH, ou d'aide humaine), et je suis parfois amené à intervenir auprès du service de protection des majeurs vulnérables du CG pour le signalement de situations préoccupantes chez des personnes handicapées.



  En conclusion, j'ai acquis au cours de mon cursus une certaine expertise auprès de populations vulnérables variées, une expérience de l'animation d'équipes multidisciplinaires, et je souhaite évoluer maintenant dans des missions de prévention en général, de facilitation de l'accès aux soins des plus précaires, de prévention de la perte d'autonomie et de la maltraitance, ce qui passe à mon avis, dans la politique de l'aide humaine, par la mise en place d'actions de soutien et de suivi des aidants eux-mêmes.

 

 

care 

("profession de foi" pour le concours de médecin territorial, 2010)

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