BMI (bibliothèque médicale idéale)
Le normal et le pathologique Georges Canguilhem (1943)
Où ce médecin-philosophe - influencé par Bergson, et déterminant pour Foucault - nous propose un saut qualitatif, et plus qu'une simple déviation quantitative,
entre le normal et la pathologique: la maladie en autre modalité de fonctionnement, avec certes ses déficits mais aussi ses compensations propres.
Il n'y a pas de pathologie objective (...).
Objectivement, on ne peut définir que des variétés ou des différences,
sans valeur vitale positive ou négative
Précis de parasitologie Emile Brumpt (1949)
Où l'homme est replacé, grâce à l'étude des cycles parasitaires, dans son réseau
zoologique et environnemental.
On peut, en facilitant l'élevage des animaux domestiques
et en les installant aux abords des villages,
créer un écran protecteur
sur lequel les Glossines iront chercher leur nourriture
et inoculer les trypanosomes que l'homme pourra éviter.
Cette prophylaxie agronomique
rendra peut-être de grands services
Méthode de traitement Galien (172-194)
Galien se préoccupait des maladies plus que de la médecine. Et ce n'est pas simple exercice de
style. D'étonnantes similitudes avec l'ayurvéda, meme si Galien conceptualise l'organe et son
activité, et ne traite plus seulement les anomalies de circulation tissulaire des humeurs.
... la disposition physique est la cause,
tandis que l'activité est l'effet de la disposition physique (...)
(Cependant) bien guérir les maladies dépend non pas des termes,
mais de la juste appréhension des choses....
Quand à l'occasion il manque (à certains médecins) une connaissance sur une chose très importante, ils se figurent qu'il leur manque la connaissance d'un
terme
Guide de thérapeutique Léon Perlemuter et Gabriel Perlemuter (2001)
Où l'on peut naviguer avec des balises nettes et sécurisées dans l'univers de la compensation thérapeutique de la
maladie, aux antipodes du monde extracorporel de l'industrie pharmaceutique.
Prescrire sur des certitudes scientifiques,
adapter la prescription en fonction du patient,
respecter les impératifs socio-économiques mais jamais au détriment du malade
Les maladies à l'aube de la civilisation occidentale Mirko D. Grmek
(1983)
Où l'analyse des ossements et textes anciens donne une dimension supplémentaire aux définitions
nosologiques d'aujourd'hui. Où le concept écologique de "pathocénose" permet de comprendre les germes en habitants naturels d'un milieu que nous partageons avec eux.
La fréquence et la distribution de chaque maladie dépendent,
en plus de divers facteurs endogènes et écologiques,
de la fréquence de distribution de toutes les autres maladies
Destin des maladies
infectieuses Charles Nicolle (1934)
Où l'on a les bases scientifiques d'une épidémiologie des maladies infectieuses, avant
l'invasion de cette discipline par une '"evidence based medicine" anglo-saxone qui ne parle plus aux malades mais aux chiffres et au principe libéral de
rentabilité.
Redisons encore une fois que, dans les oeuvres de
la nature, tout est effet de circonstances,
que les circonstances sont en nombre indéfini, perpétuellement changeantes,
et que la création d'une épidémie et sa destinée constituent,
en raison de l'absence d'un plan préconçu et de discipline,
des événements à la fois terribles, exceptionnels et sans avenir.
Infectious Diseases of Humans Roy M. Anderson and Robert M.
May (1992)
Où l'on propose, à partir de leur modélisation mathématique, une compréhension et une
prévention des maladies causées par les micro- et les macro-parasites de l'homme. Une approche qui se veut testable et opérationnelle, et non plus descriptive et
a posteriori comme celle de la statistique.
The increases in life expectancy in the developed
world over the past two centuries,
and in the developing world since World War II,
are due almost wholly to reduced mortality from infectious diseases.
(...) There is an unresolved argument about the relative contributions made by better nutritions, improved hygiene, modern drugs and vaccines (excepting for
smallpox)
and other factors.
Les cellules dans l'organisme M. Rieutort (1982)
Où l'auteur intègre admirablement les fonctions vitales, du niveau cellulaire à celui de l'organisme, nous dispensant
de l'échelon organique, clairement dispensable, dans un retour à l'humorisme ou au "corps sans organes" des psychanalystes. Celà nous fascina alors, même si nous ne savions pas bien encore pourquoi ni comment...
Dans le cas des Métazoaires se pose le problème des niveaux auxquels sont
abordés les divers mécanismes de contrôle et de coordination entre les cellules de chaque individu.
L'approche est nécessairement globale,
la constance des propriétés de l'organisme entier est la résultante de l'homéostasie cellulaire et de celle du milieu intérieur (sang et autres liquides extracellulaires).
(... Il y a) intégration harmonieuse des fonctions de
l'organisme,
envisagées à n'importe quel niveau de l'infrastructure de celui-ci.